| Mon cher Mr Marx
Je reviens de la fédération ouvrière dont Laura vous parle dans Siehe Laura
Lafargue an Karl Marx,
18.4.1870.
Schließen sa
lettre. — On avait convoqué
toutes les sections de l’Internationale, tous
les groupes ouvriers, toutes les corporations, chaque groupe avait envoyé un
d’eux ou deux délégués; il y avait au moins 1200 ou 1300 membres de
l’Internationale ou délégués des différents groupes ouvriers. Les
statuts
qui avaient été rédigés par une commission, furent adoptés à l’unanimité, sauf
le paragraphe 2, auquel on a ajouté un nouvel amendement, conçu ainsi, que
toutes les sections nommeraient des délégués suppléants, qui seraient prêts à
entrer en fonction, si d’aventure le gouvernement mettrait la main sur le
conseil fédéral. Ce fait vous prouve à quel degré est parvenu la classe
ouvrière; votre conseil donné dans
le manifeste
de
Bâle:
«prendre sa
liberté pour l’avoir» a été entendu et compris. Aujourd’hui la
classe ouvrière grâce à l’internationale, qui a fait des progrès immenses depuis
les élections dernières, grâce à la chambre fédérale des sociétés ouvrières,
sent sa force et veut agir coûte que coûte. Le groupe mutuelliste est
complètement enfoncé, il n’était pas représenté à la séance; il s’était opposé
énergiquement à toute idée de fédération. Ce qu’il y avait de beau dans cette
assemblée, c’était le besoin de centralisation que tous les membres sentaient et
la conscience nette et précise que la classe ouvrière avait de son individualité
comme classe et de son antagonisme contre la bourgeoisie. Vous eussiez été
heureux d’assister à cette manifestation,
vous le chevalier de la lutte des
classes.
Après le vote des statuts; on parla du plébiscite et de
la manière dont la classe ouvrière devait se conduire; tous les orateurs qui
parlerent étaient pour l’abstention; mais considérant la circonstance opportune
pour faire un manifeste. On nomma une commission dont je fais partie. Elle se
réunit le soir même et discuta les bases du manifeste etc. Voici les
3
idées principales qu’il doit contenir: 1° qu’on ne reconnaît pas à l’empire le
droit de poser des questions, 2° que comme l’empire représente la bourgeoisie,
le peuple n’a rien à voir dans les améliorations des constitutions impériales.
3° qu’il fallait faire comprendre aux paysans la nécessité de l’abstention ou du
vote par Bulletin Blanc — on nomma comme rédacteurs littéraires Tolain,
Augustin Germain Avrial.
Schließen
Abriane Avrial
, Pseudonym von Paul
Lafargue.
Schließen Paul Laurent etc … Voici la journée d’hier.
Vous avez dû voir dans la Marseillaise la grande communication de la branche française; mais heureusement que ça n’a pas plus d’influence ici qu’un crachat dans la mer. Quand le conseil fédéral sera constitué, on donnera ordre à la Marseillaise de ne rien imprimer sur l’Internationale sans en recevoir l’autorisation du conseil fédéral: vous devez savoir que la Marseillaise | est complètement au pouvoir de l’Internationale; si elle portait ses communications au Réveil , la Marseillaise mourrait.
Je pourrai me faire nommer par une section membre du Conseil fédéral, mais je crois qu’il vaudrait mieux que j’y sois comme le représentant du Conseil de Londres; voudriez vous me faire nommer mardi prochain représentant du Conseil près de la fédération parisienne.
L’Internationale
compte ici des membres précieux; Varlin
surtout a un talent d’organisation et une influence on ne peut plus grande —
Gemeint ist
Amédée Benjamin Alexandre
Combault.
Schließen
Gombaut
délégué de la section
Vaugirard
est aussi un membre précieux; et il a un grand talent de parole; et sait traiter
les affaires rondement, en riant, et plait même à ceux
qu’il met dans le sac. Il a la verve d’un Gaudissart.
Je vous remercie de Siehe Karl
Marx an Paul und Laura Lafargue, 18. April
1870.
Schließen votre
lettre et je suivrai vos
conseils, mais je ne crois pas qu’ils aient de l’influence sur Verlet qui est plus enthousiaste que tacticien.
Quant à mon père, je crois que vous ferez
bien de lui parler de cette façon; cela sera mieux pour vous, pour lui et pour
moi.
Vous croyez que le Paul Laurent a une origine toute sentimentale, le sentiment y joue bien un peu, mais il y a autre chose, comme vous le prouvera l’entrefilet suivant publié dans la Libre Pensée.
«Dans notre dernier numéro, nous disions que notre collaborateur Paul Lafargue, ne voulant pas être confondu avec les Lafargues des boutiques Figaro et Paris-faillite s’était senti forcé de s’adjoindre le prénom Laurent. Le sous – plaisantin du Figaro , puriste en français de cuisine, nous fait savoir que la syntaxe ne permet pas l’usage métaphorique du verbe sentir. Le Lafargue en question (Gustave) ne connaitraît-il donc pas un certain personnage se disant: «Vil me sens»? Mais en tout cas le savant Guguste dont toutes les élucubrations sentent le terroir ou il bourgeonne, devrait tacher que ses manières ne sentent le pédant, s’il ne veut que l’on ne sente trop son ignorance.»
La Libre Pensée étant un journal purement littéraire il n’y sera possible de publier les règlements, mais quand le Conseil fédéral réimprimera les statuts, si j’en suis membre, je veillerai attentivement; et ce sera alors plus important.
Amitiés à Williams (Jenny), j’ai communiqué à Prudhomme le secret littéraire. J’ai vu Franckel, il le fait circuler partout dans son enthousiasme.
Amitiés à tous — je vous serre la main
P. LafargueZeugenbeschreibung und Überlieferung
Zeugenbeschreibung
Die Originalhandschrift konnte nicht eingesehen werden. Die Transkription erfolgte nach einer schwer lesbaren s/w Fotokopie und ist an vielen Stellen unsicher.
Drucke
- Erstveröffentlichung: in russischer Übersetzung: Novaja i noveishaja istorja. No. 5. Moskau 1964.
- D2: in russischer Übersetzung: Переписка Карла Маркса, Фридриха Энгельса и членов семьи Маркса / Perepiska Karla Marksa, Fridricha Engels’sa i členov sem’i Marksa… (1983). S. 465–467.
- D3: in englischer Übersetzung: MECW 43 (1988). S. 555–557.
- In der Sprache des Originals wird der Brief hier erstmals veröffentlicht.
Anmerkungen zum Brief
Zur Datierung: Die Pariser Verband der IAA wurde am 18. April 1870 gegründet (siehe MECW 43 (1988). S. 656 Anm. 644). Da Paul Lafarge vom gestrigen Tag berichtet („Voici la journée d’hier“), ist davon auszugehen, daß der Brief am 19. April geschrieben wurde.
Datierung in der Erstveröffentlichung: 18. April 1870.
Zitiervorschlag
Paul Lafargue an Karl Marx in London. Paris, Dienstag, 19. April 1870. In: Marx-Engels-Gesamtausgabe digital, hg. v. der Internationalen Marx-Engels-Stiftung. Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, Berlin. URL: https://megadigital.bbaw.de/M1722547. Abgerufen am 26.10.2026.