| Lyon le 9 Août 1869

Mon cher Dupont

Peut-être que vous allez m’écrire et que nos letters vont encore se croiser comme les deux dernières, mais il n’y a pas grand mal à cela et je vous récrirai toujours quand ce sera nécessaire. J’ai reçu les pleins pouvoirs du Conseil général. Je suis bien aise que vous en ayiez envoyé de semblables à Bastelica de Marseille. Je vous l’ai dit, c’est un de nos meilleurs champions. Les adhésions de plusieurs corporations lyonnaise à l’Internationale ont fait beaucoup de bruit a Lyon et dans plusieurs autres villes. Paris y compris. Moi, Palix, Martin, le president des passementierset la commission des ovalistes nous avons été successivement appelés auprès du Commissaire spécial du Rhône pour lui donner des explications. J’ai reçu les 62,5 s de Mme Law et 100 cartes que m’a fair parvenir Elisée Reclus. Il nous sera je crois impossible de nous servir des cartes, car le Commissaire special nous a fait remarquer avec insistance que tout fait materiel portant le caractère de l’Internationale serait incriminée comme une atteinte à la loi. A Marseille on est moins rigoureux et nous tâcherons de les répandre dans cette ville pour arriver ensuite à les répandre à Lyon et à Paris et nous autorisant d’un précédent. Le conseil que vous nous donnez d’organiser les corporations adhérentes en sociétés de résistance est excellent. Nous nous occupons de le mettre à exécution. Les marbriers sont très affairés, je n’ai pas reçu de nouvelles d’eux depuis quelques jours. Ils sont toujours bien disposés. Mon père a vu des bronziers. Ils viendront me voir un de ses jours, et je vous rendrai réponse à leur sujet. Nos grèves sont presque toutes terminées et ont presque toutes réussi. La réussite de celle des ovalistes due à l’Internationale a produit un immense effet.

J’ai écrit à St Etienne, à St Chamond et à Rive-de-Gier. Toutes mes lettres ont été interceptées. Je ne puis donc vous donner d’autres renseignements que celles que vous trouverez dans plusieurs de mes correspondances à l’Égalité qui sont assez détaillées. Ce qu’il faut fair ressortir: le nombre des grèvistes, leurs réclamations, les circonstances du massacre de la Ricamarie(?), la durée de la grève, son issue. Tout cela y est. Vous pouvez ajouter que les mineurs n’ont point commencé la grève sans avoir au préalable adressé aux directeurs des compagnies des délégués aussi calmes que résolus; que c’est l’ingénieur de la maison Dorian qui a distribué soixante bouteilles d’eau-de-vie aux soldats du 4e de ligne en leur disant que les mineurs qu’ils devaient surveiller étaient des sauvages, des barbares et des crapules; que les mineurs n’ont été dirigés par personne, mais par le seul sentiment de la justice et de la nécessité de leurs réclamations: que les compagnies payaient(?) les soldats 1 franc par jour pour les encourager à réprimer les grèvistes; que les soixante-douze hommes arrêtés et qu’on juge maintenant sont d’honnêtes travailleurs qui n’ont commis d’autre délit que d’engager leurs frères á ne pas travailleurs; quֹe enfin(?), ceux qui disent que les mineurs sont en partie des repris de justice, des forçats libérés etc, sont eux-mêmes dignes de l’être. Les mineurs sont presque tous foreziens et mineurs de père en fils. Nous nous occuperons de Vienne après le Congrès. Salut fraternel au Conseil Central.

Votre ami dévoué
Albert Richard

Zeugenbeschreibung und Überlieferung

Zeugenbeschreibung

Nummerierung des Briefes „365“.

Archivsignatur des Moskauer Marx-Engels-Instituts (IMĖ) auf den beschriebenen Seiten: „Rj 100a–b“.

Anmerkungen zum Dokument

Der Brief ist eine Beilage zum Brief von Eugène Dupont an Karl Marx in London. London, nach dem 9. August 1869..

 

Zitiervorschlag

Albert Richard an Eugène Dupont, 9. August 1869. In: Marx-Engels-Gesamtausgabe digital, hg. v. der Internationalen Marx-Engels-Stiftung. Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, Berlin. URL: https://megadigital.bbaw.de/M8929762. Abgerufen am 26.08.2026.

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