| Mon cher Williams,
Je viens de recevoir une lettre de Wilmart, qui m’annonce d’étranges nouvelles. Il parait qu’il y a scission que Theisz, Camélinat et autres, il ne les nomme pas et c’est dommage, travaillent pour faire un autre congrès et fonder un autre conseil. C’est malheureux; d’autant plus que Theisz un homme remarquable a une grande position dans le Conseil, surtout vis-à-vis de la France, dont il est le secrétaire à ce qu’ont annoncé les journaux. Les deux noms de Theisz et Camélinat, me font supposer là dessous une intrigue Proudhonienne. Les deux faisaient parti du groupe Tolain; vous savez qu’à Paris sous l’empire, ils ont fait leur possible pour s’opposer à la fédération des sections parisiennes, et ce se sont complètement tenus à l’écart de ce mouvement qui était dirigé par Varlin, Avrial, Robin, Malon etc. en un mot le groupe collectiviste, ou mieux dire Communiste. Dans les derniers jours de l’empire le Groupe Proudhonien, était considéré hors de l’Internationale. | Robin pourrait vous fournir tous les détails que vous désirerez là[-]dessus. Ce qu’il faudrait savoir serait s’il n’y a pas du Tolain là[-]dedans. Je dois vous dire que les Proudhoniens, même les plus honnêtes tels que Murat, avaient conservé de l’estime pour Tolain, et avaient vu d’un très mauvais œil son expulsion du sein des sections parisiennes; peut-être que Tolain ayant rendu quelques services à Theisz, (aurait-ce été pour lui le passeport anglais demandé à Jung par Tolain?) celui-ci ne lui soit dévoué corps et âme. Si on pouvait découvrir la main de Tolain, il serait facile d’étouffer cette conspiration dès son berceau, car sa conduite a indigné tout le monde; d’ailleurs, on pourrait se servir dans cette occasion de la brochure de Fribourg, dans laquelle il attaque la nouvelle direction de l’Internationale, non pas seulement celle de Londres, mais celle des communistes de Paris. Je vous ai envoyé je crois dans le temps les numéros du Soir qui contenaient ses articles sur l’Internationale, je ne sais si sa brochure que je n’ai pas lu est la simple répétition de ces articles. Il faudrait agir sur Malon, s’il était possible; Malon est très-faible. Si Bakounine le prend, il pourrait faire beaucoup de mal; si on pouvait retrouver Combault, celui-là vous serait tout acquis; que fait Bastelica; nous sommes très liés. Si vous croyez utile je lui écrirais, mais auparavant je désire être renseigné sur ce qui | se passe à Londres; je pourrais aussi agir sur le Conseil fédéral de Madrid; mais il me faut des instructions.
La lettre de Wilmart m’annonce qu’on débite des Calomnies sur mon compte; vous avez eu tort de me les cacher; il vaut mieux savoir ce que l’on dit sur vous, mais je vous promets de ne rien faire[.] J’attendrai que ces calomnies prennent une forme précise telle qu’une dénonciation écrite et publiée dans un journal, alors je répondrai en conséquence; mais si elles se bornent à être colportées d’oreille en oreilles , je les laisserai faire leur petit tour de promenade, sûr que je suis que ce serait le bon moyen d’abréger leur existence. Les vaincus abondent en aigreur de toute sorte, il faut faire la part du feu.
Dans les journaux que j’ai envoyés à Engels se trouvait le discours de Castelar, dans lequel il est parlé de vous et de Bakounine. Immédiatement j’ai arboré ma plume de Toledo et en ai fait couler une épître des mieux réussies, je l’ai envoyée à l’Igualdad qui s’était constitué mon éditeur responsable, mais on m’a fermé la porte au nez et mis mon épître au panier. Mais ma peine n’a pas été perdue, car j’avais adressé ma lettre à Capdevila pour la remettre à l’Igualdad et quand il l’a reçue, Py y Margal, l’homme sérieux du parti républicain, était chez lui, et il en a pris connaissance. Py avait les mêmes opinions que Castelar, aussi je lui ai modifié ses idées, du moins à ce que me dit | la lettre de Capdevila qui me dit que «ma lettre ne pouvait mieux arriver». J’ai écrit au directeur Garcia Lopez qui s’était bien conduit à mon égard lors de mon arrestation, pour lui demander de publier quelques articles sur la propriété Collective, je ne sais ce qu’il me répondra, mais si j’ai un pied dans le journal je ferai ma sauce à mon goût.
Engels a-t-il reçu P. Lafargue an Engels,
2.10.1871.
Schließen ma lettre?
Schnaps va un peu mieux, quoique sa santé se rétablisse bien lentement. Le petit diable que l’on nommait «Mosieur le dégourdi» peut à peine marcher on est obligé de le porter constamment. Laura va mieux.
Que pensez[-]vous de la publication du 18 Brumaire en ce moment de succès bonapartiste?
J’attends avec impatience votre réponse.
Amitiés à toutes et tous. Tout à vous
P. Lafargue.St Sébastien 9 9bre 71.
Pourquoi ne m’avez[-]vous pas envoyé une copie des résolutions du Congrès? Envoyez-moi un manifeste sur la guerre civile.
L’adresse de Williams est connue en France – Dans une des lettres de Dupont publiée par le ministère public elle se trouve. 3 procès de l’Internationale, page 37.
Zeugenbeschreibung und Überlieferung
Dieser Brief wird hier erstmals veröffentlicht.
Zeugenbeschreibung
Soweit aus der s/w-Fotokopie zu ersehen ist, besteht der Brief aus einem Bogen Papier. Lafargue hat alle vier Seiten vollständig beschrieben.
Archivsignatur des Moskauer Marx-Engels-Instituts (IMĖ) auf allen beschriebenen Seiten mit Bleistift: „Rj 937a–d“.
Zitiervorschlag
Paul Lafargue an Karl Marx in London. San Sebastián, Donnerstag, 9. November 1871. In: Marx-Engels-Gesamtausgabe digital, hg. v. der Internationalen Marx-Engels-Stiftung. Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, Berlin. URL: https://megadigital.bbaw.de/M9322588. Abgerufen am 25.09.2026.