| 22 Penton Street
Haymarket

Mon cher Monsieur,

Je suis tout confus de venir si souvent vous importuner par mes lettres, mais sachez que j’ai mis tout mon espoir, qu’avec votre aide nous puissions trouver un solicitor qui entreprenne cette tâche peu coûteuse et surtout si facile. Si je pouvais moi-même plaider cette cause, avec les contre-preuves que j’ai a alléguer, j’abattrais dix monstres de femmes comme celle à laquelle je me suis lié.

Le motif pour lequel je vous écris Monsieur est une lettre reçue samedi soir de ma sœur, lettre désolante par laquelle elle me donne des détails sur la manière d’agir de son mari vis-à-vis d’elle un fait exprès pour lui ôter l’occasion de parler de mon affaire. Je n’ai donc plus aucun espoir de ce côté, que ne ferais-je point | pour me passer de lui. Si son intention était de m’aider il l’aurait fait depuis longtemps, le moment approche, dans une quinzaine de jours il va falloir paraître devant les juges, et je n’ai personne pour me défendre que faire, je suis anéanti par toutes les choses qui m’assaillent.

Je n’entends plus rien de mon solicitor, il persiste dans la résolution à ne point pousser plus loin sans remittances.

Des Mansfield j’entends encore moins. J’avais oublié de vous dire que par une lettre du magistrat de la police court il me dit qu’il n’a aucunement envie de se mêler dans les querelles de ménage de ma femme et qu’elle n’agit que sous les conseils de son solicitor. Je n’en crois rien, Mme Cuno n’oserait point montrer autant d’effronterie, si elle ne comptait sur son oncle. J’ignore si la position qu’il occupe est de nature à lui donner tant d’influence je suis sûr que ces Mrs de la divorce court ne le connaissent point personnellement, il n’est point connu dans le monde et en a toujours vécu très rétiré. Depuis la mort de la vieille Mansfield, cette | famille est toute dispersée, il n’y a plus que William Mansfield qui vaille qu’on en parle et encore est-il à Edinbourg, ne sachant rien de cette affaire et je suis persuadé qu’il n’y tremperait point lors même.

Du reste les lois sont là, seraient-elles seulement par forme, les juges prendraient-ils en considération une parente d’un défendant au préjudice de l’autre. Horrible chose, si c’était vrai. Cependant si Lord Penzance préside, le petit magistrat de la police court ne lui imposera guère.

C’est comme si moi en Belgique je faisais valoir ma parenté de neveu avec l’ancien gouverneur de Mons, mort dans le Hainaut Mr Thorn, où bien en qualité de cousin avec Mr Dubois-Thorn, ancien gouverneur de Bruxelles, aujourd’hui ministre.

De grâce, mon cher Monsieur Marx, persistez à m’aider à trouver l’homme qu’il me faut pour mener à bonne fin cette malheureuse affaire, ma gratitude envers vous sera sans bornes, soyez en certain.

Dans cette attente, Veuillez cher Monsieur recevoir l’expression de ma considération distinguée.

L. Cuno

Zeugenbeschreibung und Überlieferung

Dieser Brief wird hier erstmals veröffentlicht.

Absender

Zeugenbeschreibung

Soweit aus der Fotokopie zu ersehen ist, besteht der Brief aus einem Bogen weißem Papier. Cuno hat drei Seiten vollständig beschrieben, die vierte Seite ist leer. Schreibmaterial: schwarze Tinte.

Archivsignatur des Moskauer Marx-Engels-Instituts (IMĖ) auf allen beschriebenen Seiten mit Bleistift: „Rj 521a–c“.

 

Zitiervorschlag

Louis Cuno an Karl Marx in London. London, Oktober 1871. In: Marx-Engels-Gesamtausgabe digital, hg. v. der Internationalen Marx-Engels-Stiftung. Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, Berlin. URL: https://megadigital.bbaw.de/M9207541. Abgerufen am 13.08.2026.

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