| Londres, le 14 septembre 1870
Cher citoyen,
Ci-inclus deux exemplaires
dont un pour
L’Internationale
, un pour
La Liberté
de Siehe Karl Marx: Second Address of the General Council of the International Working
Men's Association on the War. (MEGA2 I/21. S. 485–491 und Erl. S.
1751–1766. / Karl Marx: Zweite Adresse des Generalrats der Internationalen
Arbeiterassoziation über den Deutsch-Französischen Krieg.
(MEGA2 I/21. S. 492–499 und Erl. S.
1767–1776).
Schließen
notre
adresse
. Je n’ai pas le temps de la traduire, et
Dupont est à Manchester, Serraillier comme délégué du Conseil général à
Paris. Mon temps est absorbé par la correspondance avec l’Allemagne et par
l’agitation parmi les ouvriers anglais.
Siehe Manifest des
Ausschusses der Sozialdemokratischen Arbeiterpartei zum
Deutsch-Französischen Krieg. Mit Auszügen aus einem Brief von Karl Marx
(MEGA2 I/21. S. 1064.12–1065.44).
Schließen Notre Comité central à Brunswick avait publié le 5 septembre un
appel
aux «Ouvriers allemands» contre l’annexion de
territoire français, pour la paix avec la
République. Sur l’ordre du général Vogel von
Falckenstein, l’infâme Prussien qui s’est distinqué par son
vandalisme à Frankfort (en 1866), les manifestes n’ont pas été seulement saisis,
mais tous les membres du Comité – et encore le malheureux
Heinrich Sievers.
Schließen imprimeur
du manifeste – ont été arrêtés et
chargés de fers comme des criminels et transportés à Lötzen, une ville de la
Prusse Orientale. Vous savez que sous le prétexte d’un débarquement français
toute la côte de l’Allemagne du Nord a été mise en état de guerre, de manière
que Messieurs les militaires peuvent arrêter, juger, fusiller comme bon leur
semble. mais aussi dans les autres parts de l’Allemagne oú l’état de guerre n’a
pas été proclamé, les Prussiens ont établi un régime de terreur, soutenu par la
classe mitoyenne, contre toute opinion indépendante. Les ouvriers allemands,
malgré cette terreur, et malgré les hurlements du patriotisme bourgeois, se
comportent admirablement.
Je regrette de ne pas
pouvoir dire la même chose de nos camarades français. Siehe Aufruf von
Pariser Mitgliedern der Internationale mit dem Titel: „Au Peuple Allemand.
A la Démocratie Socialiste Allemande“. Zu dem Aufruf siehe
MEGA2 I/21. S. 1751–1766 und Erl.
490.21–29.
Schließen Leur manifeste
était une absurdité «Repassez le Rhin!» Ils
oubliaient que les Allemands pour arriver chez eux, n’ont pas besoin de repasser le Rhin, mais seulement à se retirer dans le
Palatinat et la Province Rhénane (prussienne). Vous comprendrez comme cette
phrase chauvine a été exploitée par les journaux officiels de Bismarck! Tout le ton de ce manifeste est absurde
et pas du tout dans l’esprit de l’Internationale
.
Je n’ai pas le temps de vous
copier toute Nicht überlieferter Brief von A. Seraillier an Marx, 12.9.1870. Siehe Marx
an E. S. Beesly, 12.9.1870 und J.
Marx an Engels, etwa
13.9.1870.
Schließen la lettre que j’ai reçue hier de
Serraillier
, mais le passage suivant
suffira à vous éclaircir sur l’état de choses à paris. C’est notre devoir de ne
pas tromper nous-mêmes par des illusions.
«C’est incroyable de penser que des gens peuvent pendant six ans être internationaux, abolir les frontières, ne plus connâitre des étrangers et en arrive au point où ils en sont pour conserver une popularité factice et dont tôt ou tard ils seront les victimes. Quand je m’indigne de leur conduite ils répondent que s’ils parlaient autrement ils seraient boulés! Ainsi il leur parâit plus convenable de tromper ces malheureux sur la véritable situation de la France que de chercher au risque d’y perdre leur popularité à les ramener à la raison ce que je crois serait bien plus utile à notre France. Il y a plus par leurs discours ultra-chauins quelle situation font-ils à l’Internationale ! Combien faudra-t-il de générations pour effacer l’antagonisme profond de nationalité qu’ils cherchent à faire renaître par tous les efforts que leur pauvre imagination leur suggère! Ce n’est pas qu’ils soient sots, loin de là. Mais comme moi ils savent qu’ils trompent le peuple en le flattant, ils sentent qu’ils creusent un abîme sous eux, je dis plus ils ont peur de s’avouer franchement International, et comme cela est bête il s’ensuit qu’ils ne peuvent rien trouver de mieux que de parodier la révolution de 93!»
Tout cet état de choses disparaîtra, je l’espère, devant la capitulation prochaine et inévitable de Paris. Le malheur des Français, même des ouvriers, ce sont les grands souvenirs! Il faudra une fois pour toutes que les événements brisent ce culte réactionnaire du passé!
Le manifeste imprimé dans le supplément de La Solidarité ne m’a pas étonné. Je savais bien qu’eux qui prêchent l’abstention absolue de la politique – comme si les ouvriers étaient des moins quif établissaient leur monde à eux en dehors du grand monde – retomberaient toujours, au premier signal du tocsin historique, dans la politique bourgeoise.
La presse anglaise, à l’exception de bien peu de journaux, est vendue, la majorité à Bismarck, la minorité à L. Bonaparte qui a sauve assez d’argent pour acheter toute une armée. Néanmoins, j’ai trouvé les moyens pour faire une guerre à mort à Messieurs les Prussiens.
Nos amis de Paris m’ont bombardé par des télégrammes qui m’informet sur ce que j’ai à faire en Allemagne. Je crois connâitre la manière dont il faut traiter mes compatriotes un peu mieux que les Parisiens.
Vous m’obligerez en m’écrivant quelques lignes sur l’état de choses en Belgique.
Salut et fraternité
Karl Marx.Zeugenbeschreibung und Überlieferung
Zeugenbeschreibung
Veröffentlichung nach einer Ersttranskription des RGASPI. Die Originalhandschrift konnte nicht eingesehen werden.
Zitiervorschlag
Karl Marx an César De Paepe in Brüssel. London, Mittwoch, 14. September 1870. In: Marx-Engels-Gesamtausgabe digital, hg. v. der Internationalen Marx-Engels-Stiftung. Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, Berlin. URL: https://megadigital.bbaw.de/M7128061. Abgerufen am 10.08.2026.