| Mon cher Williams,

Nous venons de recevoir immédiatement la lettre de  Gemeint ist vermutlich Jenny Marx.
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Me Williams
, et je vous réponds par retour du Courrier.– Me Williams me dit que Fondeville veut acheter le Courrier de l'Europe; je ne sais avec quel argent il pourrait faire cet achat. La somme que depuis environ deux mois il a dû avoir à sa disposition se monte à peu près à 15 000 fr. qui proviennent d’une assurance contre l’incendie: à moins que dans son passage dans l’administration il n’ait eu le soin d’imiter les serviteurs des régimes bourgeois et ne se soit rempli les poches, il ne doit posseder que les restes de ces 15 000 fr. qui doivent être fortement entamés, car comme vous avez dû le voir Fondeville est très dépensier. Sa famille est riche, mais je ne crois pas que ses parents se décideraient à lui faire des avances de fonds. De plus Fondeville, est un | véritable aventurier prêt à toutes les entreprises; mais incapable de rien faire à cause de son caractère instable et changeant. C’est un bon garçon pour la vie privée, mais il faut être fou pour s’engager avec lui dans une affaire quelconque soit publique soit privée. Je vous dis ceci pour vous mettre sur vos gardes; pour que dans le cas où vous ou Engels ou d’autres vous consentiriez à parfaire la somme nécessaire pour l’achat du journal, vous vous arrangiez de façon à mettre le susdit Garçon dans l’impossibilité de nuire; ce qui sûrement arriverait si vous lui laissiez l’ombre même du pouvoir dans la direction: il ne faudrait même pas s’étonner de voir le journal revendu au moment où l’on y compterait le moins.

Vous ne sauriez croire combien je suis ennuyé d’apprendre que  Eine erste – geringfügig gekürzte – französische Übersetzung der Adresse über den Bürgerkrieg in Frankreich war vom 16. Juli bis 3. September 1871 in den Nummern 131 bis 138 der in Brüssel erscheinenden „Internationale“, einem Organ der belgischen Sektionen der Internationale, erschienen (s. MEGA I/22. S. 1319).
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le manifeste n’a pas encore été traduit en français et que la traduction en a été confiée à des | Belges
; vous devriez savoir que le français de Belge est peut-être du Belge, mais pas du français. Comment se fait-il quand vous aviez auprès de vous Auguste et une foule d’autres, vous ne l’ayez pas fait traduire sous vos yeux. Il y a longtemps que je me serais offert pour la traduction, mais comment vous supposer capable d’une boulette pareille. Dans le cas où il ne serait pas imprimé, je m’offre à le traduire et je me fais fort de tout terminer en quelques jours. D’ailleurs pourquoi ne vous êtes vous pas adressé directement à un libraire de Paris – Chevalier de la rue de Richelieu, qui a déjà publié plusieurs procès de l’Internationale, et qui ambitionnait de devenir l’éditeur officiel de l’association. Sûrement il se chargerait de faire une édition française qui serait enlevée comme des petits pâtés; dans le cas où il refuserait de peur de démêlés avec le gouvernement, on pourrait s’adresser à Lacroix de la librairie Internationale – comme ils ont une maison à Bruxelles et qu’ils ont une certaine influence, eux sûrement n’auront pas peur. Faites promptement ces démarches au nom du Conseil, et je m’offre à faire la traduction[,] | je vous enverrai la copie au fur et à mesure pourque vous puissiez la corriger.

Dans l’édition française, ou dans une nouvelle édition anglaise, vous feriez bien de citer en note la curieuse lettre à Suzanne que tout le monde ne connaît pas et qui vaut son pesant d’or.

Voici une affaire que vous devriez essayer d’éclaircir. Il paraît que grâce aux nouvelles démarcations des provinces cédées, une grande partie des forges françaises de l’Est iront à l’Allemagne; les autres forges qui restent en sont d’autant plus contentes qu’elles sont debarassées de leur concurrence, qui était d’autant plus grande que les forges cédées étaient les mieux outillées. Thiers vous le savez est possesseur de forges dans l’est, il faudrait savoir si les siennes n’ont pas acquis une autre valeur par le fait de cet arrangement, vous le savez c’est à cause de ses forges qu’il était protectionniste. On pourrait dénoncer le fait en France. Les journaux légitimistes et Bonapartistes commencent à lui faire une rude guerre, il faudrait peut-être leur souffler le fait.

Vous pourriez du même coup essayer de faire connaître en France le travail d’Urquhart; les journaux Bonapartistes sûrement s’empresseraient d’en profiter pour remettre Thiers, la sauveur de la France, à sa véritable place. Il faudrait faire tourner les attaques impitoyables contre Favre, contre Thiers; je crois que ce serait bien facile | du jour où Favre sera obligé de lâcher ce portefeuille qu’il aime plus que l’âme de son Dieu.

Je n’ai pas encore eu occasion de vous parler du manifeste; mais je dois vous dire que de tout ce que j’ai lu de vous, c’est le plus fort. Vous êtes parvenu à faire vibrer toutes les cordes populaires. Les éloges des journaux anglais, même de Bradlaugh, Holyoake, Mazzini, ont dû vous gâter sous ce rapport; aussi je ne vous en fais plus. Mais en revanche je dois vous avouer que la dernière phrase de  Karl Marx: Haverstock-hill, N.W., June 30, 1871. Sir, — I have ... [Letter to the Editor of the “Pall Mall Gazette”, Frederick Greenwood]. In: The Pall Mall Gazette. London. Vol. 14 Nr. 1992, 3. Juli 1871. S. 5, Sp. 2 (MEGA I/22. S. 243).
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votre lettre au Pall-Mall
a été loin de nous produire le même effet. Je me garderais bien de vous dire toutes les réflexions qu’elles nous a suggérées, vous en seriez fâché.

Nous vous remercions de votre gracieuse invitation, mais nous ne savons encore ce que nous ferons.

Je vous en prie, essayez de me donner des nouvelles de Jaclard et de sa femme.

Mes amitiés à Rochat,  Vermutlich Auguste Serraillier.
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Auguste
[,] | Vaillant, dont la mère doit être bien heureuse, à Engels, en un mot à tous les amis de là[-]bas – mais ne m’oubliez pas auprès de Me Williams et de Hélène.

Je vous serre la main.

Toole.

Luchon 1 Août 1871.

Zeugenbeschreibung und Überlieferung

Absender

Zeugenbeschreibung

Soweit aus der Fotokopie zu ersehen ist, besteht der Brief aus einem Bogen und einem Blatt weißem Papier. Lafargue hat fünf Seiten vollständig beschrieben, die sechste etwa zu einem Drittel. Schreibmaterial: schwarze Tinte.

Von unbekannter Hand (Marx?): Randanstreichung mit Rotstift auf der vierten Seite („Thiers ... en France.“).

 

Zitiervorschlag

Paul Lafargue an Karl Marx in London. Bagnères-de-Luchon, Dienstag, 1. August 1871. In: Marx-Engels-Gesamtausgabe digital, hg. v. der Internationalen Marx-Engels-Stiftung. Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, Berlin. URL: https://megadigital.bbaw.de/M5505046. Abgerufen am 11.08.2026.

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