| Monsieur le Docteur!

Par un imprévu concours de circonstances heureuses, j’ai réussi à planter le drapeau de Votre société sur le sol polonais. Nous avons déjà notre journal, dont le premier numéro doit paraître aujourd’hui; – Si Vous le désirez, Monsieur le Docteur, je vous l’enverrai aussitôt que je l’aurai reçu. Si Vous pensez, qu’il fallait mettre 500 talers de caution et trouver un rédacteur responsable, c’est-à-dire un homme pouvant endosser nos prisons au besoin, vous conviendrez, Monsieur le Docteur, que c’est déjà un beau résultat.

J’ai déjà tendu mes filets dans le royaume des traités à Lublin, Siedlce, Lukow etc. et je commence en Galicie.

| En dépit de ma volonté et malgré mon désir sincère de rester à l’écart, je suis devenu, faute de mieux, l’intermédiaire entre Vous et ce nouveau noyau, jusqu’à ce que nous soyons assez forts pour envoyer un délégué spécial à Londres. – En conséquence, veuillez avoir l’obligeance de m’envoyer Votre manifeste sur la commune et tout-ce que Votre société a écrit à ce sujet; – je le traduirai en polonais, car nous avons besoin de frapper à coups redoublés, d’élever fièrement et ouvertement autant que possible notre drapeau. –

On me demande aussi une histoire abrégée de Votre société, veuillez m’indiquer ce qu’on pourra publier à ce sujet sans nuire à qui que ce soit.

En outre il est temps de répondre aux rapsodies de Mr. Czartoryski et consorts, veuillez donc, Mr. le docteur, me rendre leur manifeste.

J’ai besoin aussi de vos statuts pour donner quelques indications à mes amis.

| J’ai déjà écrit au général Wróblevsky mais il me semble qu’il plane un peu trop dans les nuages. – Ou bien il n’a pas pu ou voulu me comprendre. Il me parle de la représentation polonaise au conseil général et c’est la moindre des choses pour le moment. – Le conseil prendra qu’il voudra – mais l’essentiel c’est d’exister et se développer dans le pays même et non pas à l’étranger.

Quant à moi, j’ai souvent même trop souvent faim, car presque tous les jours, ma nourriture est mauvaise et insuffisante. – En outre je suis obligé de m’éclairer moi même. Ne pouvant rien gagner je reste sans un sou. – Et pourtant il faut absolument que je vous voie, car j’ai besoin de de vos conseils – d’ailleurs mon séjour prolongé ici occasionnerait une perte de temps et même d’argent, car je dois être déjà en mesure de gagner | quelque argent. – Je pense quitter Merriott Ford dans quinze jours au plus tard et c’est seulement si mes amis ne me pressent trop. – Dans tous les cas les circonstances exigent que j’aie recours à Votre générosité pour me procurer les moyens de voyager. – Et je compte que vous voudrez bien m’envoyer une livre tant pour couvrir les frais de voyage que les correspondances et autres

Votre tout dévoué
Rozwadowsky.

8/10 71.

Merriott Ford
Rectory school house
Crewkerne Taunton

Zeugenbeschreibung und Überlieferung

Absender

Zeugenbeschreibung

Soweit aus der s/w-Fotokopie zu ersehen ist, besteht der Brief aus einem Bogen liniertem Papier. Wasserzeichen: „L-J D L & Co“. Rozwadowski hat drei Seiten vollständig, die vierte Seite zu zwei Dritteln beschrieben.

Archivsignatur des Moskauer Marx-Engels-Instituts (IMĖ) auf beiden beschriebenen Seiten: „Rj 249a–d“.

Von unbekannter Hand: Datumsvermerk oben auf der ersten Seite: „8/10 71“.

 

Zitiervorschlag

Józef Rozwadowski an Karl Marx in London. Crewkerne, Sonntag, 8. Oktober 1871. In: Marx-Engels-Gesamtausgabe digital, hg. v. der Internationalen Marx-Engels-Stiftung. Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, Berlin. URL: https://megadigital.bbaw.de/M3232567. Abgerufen am 03.10.2026.

Download

Dieses Dokument als TEI-XML herunterladen