| Manchester 25 Juli 70
67 Edewards Street
Lower Broughton

Mon cher Marx.

Vous avez du recevoir les résolutions sur L’Alliance. Si j’ai tant tardé c’est que j’ai eu beaucoup de peine à les retrouver et surtout à les compléter car celles que Jung m’a laissées sont incomplètes. Nous avons fini de les copier avec Engels.

Je vous ai demandé et à Jung aussi de m’envoyer le programme du Congrès afin que je puisse l’envoyer aux Journaux mais je n’ai rien reçu! A propos du congrès je crois impossible qu’il puisse sérieusement avoir lieu cette année, car non seulement l’opinion publique ne s’en occuperait pas mais en pleine guerre le Congrès ne pourrait faire autrement que de s’occuper de cette question et | comme L’Internationale n’est pas assez puissante pour faire quoi que ce soit d’efficace, toutes les résolutions qu’il pourrait voter ne serviraient qu’a ridiculiser le Congrès comme la fameuse résolution de celui de Bruxelles «La grêve générale». Je sais bien que le Conseil Général ne peut sous aucune raison décider qu’il n’y aura pas de Congrès, mais il peut bien vu la gravité de la situation et en prévision des evénements convoquer une conférence comme en 65. Cette conférence étant limitée aura encore sur l’opinion un grand prestige, tenue à Londres tandis qu’un congrès devoilerais à nos ennemis notre faiblesse materielle. J’en ai parlé Hier avec Engels et ses deux amis ils sont de mon avis. Voyez si cette idée est politique et praticable.

J’ai appri avec peine que vous étiez souffrant je le regrette sous tous les rapports au point de vue particulier et au point de vue général (comme dit les considérants du jugement contre L’Int.) Je crois aussi que l’air de la mer vous ferait beaucoup de bien!

J’ai écrit à Jung au sujet de la traduction de l’affaire des veloutiers de Lyon voilà trois mois que ce travail est fait et je suis fatigué d’écrire à Lyon que vais la leur envoyer sous peu de jours. Il n’y a plus de pretexte plausible maintenant à leur donner. Veuillez avoir la bonté de dire à Jung, paisqu’il ne m’écrit pas, de s’en tirer comme il pourra dans tous les cas; ce n’est pas un point pour le Conseil general.

Madame Engels m’a trouvé une personne pour soigner mes enfants je suis très content de cela; aussi je n’aspire plus qu’à avoir mes enfants auprès de moi car je vous assure que le temp me pèse lourd sur le cœur.

J’ai reçu mes affaires aujourd’hui mais dans un état affreux et pour cela j’ai payé 45 shillings et encore mes deux glaces et plusieurs autres choses ne me sont pas parvenu. Il parait que les personnes que j’avais priées de s’en occuper l’ont oublié.

J’aurai le plaisir de vous voir Samedi soir ou Dimanche je suis decidé à aller chercher mes Enfants; je sais qu’elles sont très bien mais malgré tout je suis trop malheureux | je dors très peu et mon sommeil est troublé de cauchemars, je ne rêve que des Enfants ecrasés et d’autres sujets qui me rappellent de trop douloureux souvenirs.

Marie est si bien chez Madame Engels qu’elle ne pense ni demande à venir avec moi du reste elle ne peut pas être mieux. Je vais chez Engels plusieurs fois par semaine et je passe mes dimanches avec lui et ses deux amis; on cause beaucoup de vous et de Mademoiselle Touzey (Excusez l’orthographe) qui a laissé ici de profonds souvenirs. Tout cela me rappelle Maitland Park. Hier ils ont ri comme des fous en lisant une critique faite sur votre Das Capital par un économiste allemand un imbécile, parait-il. Interieurement je vous avouerai que j’étais content de voir qu’il n’y avait pas qu’en France qu’on rencentrait des Proudhoniens!

Présentez mes respects et mes amitiés à Madame Marx et à votre Famille sans oublier Miss Hélène

Bien à vous
Eugene Dupont

P.S. Il y a longtemps déjà que j’ai reçu la lettre ci-jointe. J’avais oublié de la remettre à Madame Marx.

Zeugenbeschreibung und Überlieferung

Dieser Brief wird hier erstmals veröffentlicht.

Absender

Zeugenbeschreibung

Veröffentlichung nach einer Ersttranskription des RGASPI. Die Originalhandschrift konnte nicht eingesehen werden.

 

Zitiervorschlag

Eugène Dupont an Karl Marx in London. Manchester, Montag, 25. Juli 1870. In: Marx-Engels-Gesamtausgabe digital, hg. v. der Internationalen Marx-Engels-Stiftung. Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, Berlin. URL: https://megadigital.bbaw.de/M2128263. Abgerufen am 01.10.2026.

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