| Genève, rue du Nord 15 au 3-me aux Plaqués
le 9 Décembre 1870

Cher citoyen:

Ces lignes sont destinés à vous recommander tout particulièrement Madame Elise Tom, notre meilleure amie, sincèrement et sérieusement dévouée à la cause révolutionnaire an Russie. Nous serons heureux de pouvoir apprendre ainsi, par son intermédiaire, à mieux vous connaître, et en même temps, de pouvoir vous initer dans quelques détails de notre situation qu’elle saura vous exposer suffisamment.

Cartainement que cette situation est triste vu qu’il faut lutter d’um côté contre les obstracles impériaux opposés à tiute propagande, libre; d’un autre côte contre l’ignorance et la malhönhêtete (l’expression n’est pas trop forte) dont sont imbus tous les élements de la société – dite cvilisée-russe. Avec cela, l’esprit de la faction et du clocher paralyse le travail révolutionnaire même parmi la jeunesse: elle compte aussi dans son sein baucoup plus d’adeptes de ce révolutionnarisme enfantin qui voudrait imiter l’ancienne Studentenburschenschaft allemande, at se croit capable de faire un coup d’état révolutionnaire pour le peuple, mai s sans le peuple: qu’en Russie peut réussir bien moins encore que partout ailleurs.– Tout ceci fait que la véritable importance de l’Association Internationale est loin d’être comprise par la généralite de veux qui, par leur situation, pourraient et devraient devenir ses véritables propagateurs et il nous faudra ancore bien d’efforts pour implanter sérieusement et solidement notre drapau commun en Russie. Mais nous ne doutons nullement de la réussite de notre tâche, et nous sommes heureus d’avoir au l’Inititive de proclamer la nécessité d’introuduire pour ainsi dire – le mouvement révolutionnaire russe dans le miuvement général du Prolétariat européen. La situation critique de notre pays, l’ánarchie fiscale dans les impôts, l’impuissance évidentebdes Assemblées provinciales (#), la singerie impériale dans les réformes militaires à la Prusse, destinées à provoquer infailliblement le plus garnd mécontentement parmi les paysans et les ouvriers, la perséculiton de la presse même à moitie libérale (puisque la prese radicale est bannie) – tout cela finira par amener une opposition sérieuse et forcera les gens de songer àa la nécessaité d’organiser les villes etlles campagnes en sections des travailleurs, avec quelques modifications de forme, exigées par des considérations administratives

Nous ne avons pas encore quelle tournure prendrent les intentions guerrières de notre fameux patriotisme, décrété par Alexandre et sa valetaille: certes, nous faisons les voeux les plus ardents pour que la Russie soit battue si guerre il y a … et ce qui est certain –c’est que le gouvernement impérial cherchera à tout prix à entraîner l’Europe dans la guerre, car il a fait des préparatifs coûteux et il a volé tout dans les budgets, qu’il ne saurait en sortir sans un esclandre public, marchant droit à la banqueroute. S’il ralentit encor ces prétantions querrières, c’est qu’il cherchera encore à faire un emprunt sur le marché de Londres ou en Hollane, et c’est là qu’il y aurait un immense service à rendre: à démontrar même aux sacs d’er qu’ils risquent trop en souscrivant à un emprunt russe lo parce que cet emprunt sera destine aux armements de la Russie et à la guerre et 2o parce que la Russie gouvernementale marche à la banquerroute et ne sera plus bientôt en état de faire face au payement des intérêts.—

En 1863, même un article sussi faible que celui de Wolowski dans la R. des D. M. a beaucoup contribué à porter un coup décisif à la baisse du cours des billets russes, dont ce cours ne s’est plus relevé.—

A Genève nous nous préparons à faire revivre l’Egalité suspendue par suite du chômage danc la Pabrique d’Horlogerie, ce qui a beaucoup diminué les abonnements. Madame Elise vous remettra les circulaires du Groupe d’Initiative et de Propagande que nous avons formé ici avec Becker, Perret, Wegerman, Dupleix, Duval et plusieurs autres – nous er espérons beaucoup, quoique sans le Journal nous ne porrions pas faire des progrès. Nous regrettons aussi que le Conseil Général ne soit guère pouvru de moyens pour avoir son organe a lui, et ce devra être l’objet de l’occupation sérieuse du prochain congrès général, comme, en général, son objet sera sans doute l’organisation fédérative de toute l’Association plus sérieuse et plus solide.

Madame Elise nous écrira tout ce que vous jugerez nécessaire de nous communiquer et elle nous rapportera, en revenant, tous les renseignements et toutes les imprission qu’elle aura recueilliez de sa connaussance plus intime avec l’organisation des sociétés ouvrières, la vie politique et sociale en Angleterre. Nous sommes sûrs que vous voudrez bien la quider et lui prâter votre précieux concours dans cette connaisance, et nous vous en remercions à l’avance, cart en lui aidant dans ses études, vous nous aidez à nous tous Recevez, cher citoyen, nos salutations fraternelles.

Victor Bartneff N. Outine
Antoine Troussoff.

Zeugenbeschreibung und Überlieferung

Zeugenbeschreibung

Veröffentlichung nach einer Ersttranskription des RGASPI. Die Originalhandschrift konnte nicht eingesehen werden.

 

Zitiervorschlag

Viktor Ivanovič Bartenev, Nikolaj Isaakovič Utin und Anton Danilovič Trusov an Karl Marx in London. Genève, Freitag, 9. Dezember 1870. In: Marx-Engels-Gesamtausgabe digital. Hg. von der Internationalen Marx-Engels-Stiftung. Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, Berlin. URL: http://megadigital.bbaw.de/briefe/detail.xql?id=M1882947. Abgerufen am 21.04.2024.