| Mon cher Mr Marx,

Le conseil s’est reuni  Dienstag, 14. September 1869.
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Mardi
, tous les delegués etaient présents et nous ont donné un compte rendu de leur doings.  Hermann Jung.
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Yung
commença, inutile de vous dire qu’il est enchanté comme toujours de lui-même, et qu’il ne parle que des choses et des personnes aux quelles il a eu affaire. – L’impression generale est que tous les delegués sont enchantés de la reception qu’ils ont eu, de la manière dont le congrès a marché et du résultat qu’il a produit, en Suisse, France, Angleterre. – Le pauvre Dupont regrette beaucoup de n’avoir pas été [à] Bâle. – Mais la chose la plus interessante de la soirée était la présence du delegué Américain Cameron; c’est un petit homme, d’origine écossaise, figure, ferme, dure même; mais sous la placidité apparente de toute sa personne se cache un feu, qui apparait dès qu’il parle. Il est très causeur et bon orateur. Il n’a aucun developpement théorique, et ne voit que les choses qui sont immediatement en contacte avec lui, ainsi par exemple, au congrès il aurait voté pour la petite proprieté, quoique cependant quand il parle, il semble qu’il va tout avaler; mais la proprieté lui reste dans la gorge, car son père est proprietaire dans un des Etats et il compte planter ses choux sur le lopin de terre paternel.– Mais ceci importe peu pour le moment, il est actif, et à l’heure présente il confond ses in´terets | avec ceux de la classe ouvrière dont il est un des leaders.

On le nomma president de la soirée, ce qui le flatta beaucoup. Quand le long rapport de Yung fut termine, ainsi que celui des autres, on pria Cameron de parler. Il nous recita la lettre de Sylvis, mais amplifiée et quelque fois embellie, – un des passages les plus applaudis de son petit speech, et lorsqu’il dit: «There are two kind of people now, the robbers, and the robbed.» Il termina son discours par la proposition qu’il a déjà faite au congrès,  c'est-à-dire (c.-à-d.).
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c. a. d.
de créer un bureau pour l’emigration; voici comment il entendrait qu’il fonctionnat. C’est que chaque fois qu’il apprendrait que les maitres demandent des Européens, nous serions informés pour les empecher de partir; et que chaque fois, comme c’est souvent le cas, que l’on aurait besoin de skilled labour, il nous previendrait, et nous dirigerions les emigrants sur les points demandés. En un mot, il voudrait que nous regulassions l’emigration, de manière à ne pas nuire aux ouvriers américains. J’ai oublié de vous parler d’un fait que probablement vous devez connaitre, mais qui est tellement caracteristique que l’on peut le repeter. Les grands industriels américains, s’accaparent de toutes les terres environnantes de leur usine, et batissent dessus de cottages pour le logement de leurs ouvriers, et defendent à toute autre industrie ou commerce de venir s’établir au près; ce qui fait que ce sont eux qui fournissent à leurs ouvriers toutes les choses necessaires, viandes, habits, sucre etc. Non content de les tenir de cette façon ils ont une monnaie spéciale à leur usage et qui n’a cours que dans leurs boutiques et avec les quels ils paient les gages de leurs ouvriers, et si ces malheureux veulent avoir de l’or ou des greenbacks | il sont obligés de subir une perte de 40%. Ce fait a été denoncé au dernier congrès; et ils vont commencer une lutte pour detruire ce systeme des  trucs.
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trucks
. Avant de quitter l’histoire de cette soirée je veux vous parler de l’épisode Harris. On nomma un comité pour se charger de faire un rapport sur la question de l’emigration; Yung qui tient toujours à flatter tout le monde, proposa Harris; dès que celui-ci entendit son nom, il se dressa sur ses pieds et commenca un speech; son premier mot: I must say to our friend Cameron, that I am not a trades unionist …. un cri d’indignation partit de tous les coins de la salle, Cameron ne savait que penser, Halles, indigné lui dit, nous n’avons que faire de votre opinion, mais il continua tout de même; une fois qu’il eut fini, Cameron voulu lui repondre, et lui dit: Je sais que les trades unions, ne sont qu’un moyen et non un but, mais ce que je dois dire, c’est qu’il n’y a pas un homme intelligent et d’action qui ne soit trades-unioniste. Harris aurait bien voulu repondre, mais l’accueil qu’il avait reçu l’en empecha heureusement.

Cameron, qui a regretté beaucoup de ne pas vous avoir vu, part aujourd’hui – je voulais lui faire présent d’une de vos photographies, mais il n’y en avait pas dans la maison. Hier avec Yung, Eccarius, Lessner, nous avons passé la soirée avec lui chez Applegarth. Le congrès a impressionné profondement Applegarth, et je crois que dans l’avenir il sera un des membres les plus actif de conseil. C’est lui qui envoya au Diplomatic Review.
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journal de Sheffild
,  Karl Marx: Report of the General Council To the Fourth Annual Congress of the International Working Men's Association.
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votre rapport
, qui y a été publié presque in extenso; et il a fait un compte rendu du congrès par ce journal. Applegarth est même plus radical qu’on ne l’aurait cru, ainsi le Times dans son leading pretendait que c’étaient les delegués anglais qui avaient voté contre la confiscation de la proprieté. Au conseil Applegarth protesta | contre cette erruer de Times, et ajouta qu’il serait «quite ashamed of himself», s’il avait une autre opinion en presence de la condition malheureuse des paysants. – La question de l’emigration fut encore agitée chez Applegarth, il considère que la est le vrai moyen de forcer les anglais à adjoindre à nous. Même l’on entrevoit le moyen de gagner de l’argent avec le bureau pour l’emigration. Nous pourrions en faire un bureau d’information, et en faisant payer moins, nous aurions beaucoup de personnes qui s’addresseraient à nous. 2(?)o(?) Cameron, se charge de nous donner tous les renseignements desirable, et nous dit que nous pourrions traiter avec les spéculateurs en terre, qui nous donneraient tant pour cent si nous leur adressions des colons. – Mais en tout cas nous pouvons immédiatement fonctionner, comme le desire Cameron,  c'est-à-dire (c.-à-d.).
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c’. a. d.
empecher les Européens d’aller sur la demande des patrons en Amerique. Sur l’avis d’Applegarth, nous avons pensé qu’il serait bon d’annoncer dans la brochure qui contiendra le compte rendu du congrès, la formation de notre bureau, et que surement les trades-unions en parleront dans leurs rapports mensuels; ce qui aidera à repandre notre nom et notre influence: s’il y a moyen il nous conseille de publier tous les mois ou tous les trois mois un repport qu’on adresserait à toutes les societés. –

Jenny dans une de ses lettres disait qu’il vous serait très difficile de vous echapper des mains de Kugelmann, je crois que vous avez la un bon pretexte, car surement votre presence sera bientot necessaire à Londres.

Schnaps est bien malade, nous ne savons quand nous partirons. Mes amitiés à Jenny.

Je vous serre la main
P. Lafargue.
 

Zitiervorschlag

Paul Lafargue an Karl Marx in London. Paris, nach Dienstag, 14. September 1869. In: Marx-Engels-Gesamtausgabe digital. Hg. von der Internationalen Marx-Engels-Stiftung. Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, Berlin. URL: http://megadigital.bbaw.de/briefe/detail.xql?id=M0001183. Abgerufen am 28.01.2023.