| Bruxelles, le 14 Janvier, 66.
Mon cher citoyen Marx,
Je vois, par votre lettre du 11 Courant, que vous vous plaignez amèrement de n’avoir pas reçu de réponse à votre première lettre et que vous avez pris cela de mauvaise part. Croyez-le bien, citoyen, si je n’ai pas répondu immédiatement à votre 1ère lettre, c’est tout bonnement parce que je ne pensais pas que cette réponse pressait, et parce que je me disais qu’il valait mieux retarder un peu cette réponse afin de pouvoir vous faire part du résultat de l’appel que nous devons adresser aux ouvriers belges et vous faire connaître le vote de la section belge sur diverses propositions à l’ordre du jour dans son sein. Je vous dirai ensuite, citoyen, que mes nombreuses occupations (car il faut savoir que j’ai entrepris de continuer mes études tout en continuant à me mêler de typographie et même un peu de journalisme) que mes nombreuses occupations ont été pour beaucoup dans la détermination que j’avait prises de remettre à plus tard ma réponse à votre lettre. Veuillez donc m’excuser de ma négligence, ou même de mon manque de convenance.
La section belge n’est donc pour rien dans tout cela, mon cher citoyen; et elle n’entend pas du tout avoir d’autre représentant que vous près du comité central, elle n’en veut pas d’autre que vous. Nous savons que vous êtes avant tout socialiste, qu’à vos yeux la politique pure n’est rien ou du moins est peu de chose en présence de l’importance de la question économique et sociale; nous savons que, comme nous, vous n’acceptez les demi-mesures, les demi-réformes, que comme des transitions, et que vous placez la solution de la question sociale dans l’extinction complète du parasitisme et du paupérisme, du bourgeoisisme et du prolétariat, dans la suppresssion de tous les prélèvements opérés par le capital et la propriété sur le travail, dans la grande association | agricole et industrielle, dans l’entrée du sol et des immeubles a la collectivité . Or, dans toutes ces questions, nous pensons comme vous (du moins la plupart d’entre nous); qui donc, mieux que vous, pourrait nous représenter? – Le citoyen Longuet est un homme très estimable à nos yeux et pour moi personnellement c’est un ami (veuillez lui présenter mes salutations cordiales); mais la section belge ne voit pas du tout l’utilité qu’il y aurait de vous remplacer par le citoyen Longuet, qui n’a fait en définitive qu’habiter la Belgique pendant quelque temps, tout comme vous. Nous désirons ardemment vous voir conserver vos fonctions de représentant de la section belge.
Mais parlons d’autre chose. La section belge ne s’est guère accrue; nous sommes toujours ici une soixantaine, pas plus; mais, comme vous l’avez vu peut-être, nous venons de nous fédérer avec l’association le Peuple, et nous espérons beaucoup de cette fédération. La Tribune du Peuple est l’organe de ladite société le Peuple, de sorte que la Tribune devient l’organe de la section belge de l’Internationale . Sous peu vous trouverez dans ledit journal l’appel des membres de l’Internationale à tous les prolétaires belges. A propos de Tribune , le Workmans advocate paraît-il encore, nous n’en avons jamais reçu un seul numéro; dans les 2 journaux que l’on vous envoie d’ici, il en y a un destiné au Workmans advocate , l’autre à vous personnellement. Ne pourriez-vous pas nous indiquer les titres et les adresses des divers organes de la section suisse et de la section allemande, afin de pouvoir faire l’échange.
A l’avenir citoyen, la section belge se servira de la Tribune du peuple pour correspondre avec vous, à moins que les choses à vous communiquer ne soient pas de celles qui puissent se dire par-dessus les toits. Ces correspondances se trouveront à la fin du journal sous ce titre: Correspondance. – Au citoyen M. à Londres. Voilà pour vous. – Lorsque nous nous adresserons au citoyen Dupont, représentant de la section française, nous mettrons: Au citoyen D. à Londres. – Ce sera une économie.
Auriez-vous la bonté, citoyen, de passer à notre brave ami Dupont, le billet ci-inclus. Le citoyen Dupont m’avait chargé d’une mission pour lui, et concernant une affaire qui le regarde personnellement; il trouvera ici la réponse.
Voici l’adresse de notre secrétaire-correspondant: A. Vandenhouten, quai aux Semences, 9, à Bruxelles. – Présentez mes respects à votre dame et à vos demoiselles, et serrez pour moi la main à nos amis de Londres.
César De Paepe.Zeugenbeschreibung und Überlieferung
Zeugenbeschreibung
Der Brief besteht aus einem Blatt dünnem, weißem Papier im Format 137 × 212 mm. De Paepe hat beide Seiten vollständig beschrieben. Schreibmaterial: schwarze Tinte.
Die Beilage („le billet ci-inclus“) ist nicht überliefert.
Drucke
Anmerkungen zum Brief
De Paepe beantwortet einen nicht überlieferten Brief (Marx an C. de Paepe, 11.1.1866) von Marx, geschrieben am 11. Januar 1866 („votre lettre“).
Marx hat den Brief auf der Sitzung des Zentralrats der IAA am 23. Januar 1866 verlesen (The Minute Book 1864–1866. In: MEGA2 I/20. S. 381.10–13).
Zitiervorschlag
César De Paepe an Karl Marx in London. Brüssel, Sonntag, 14. Januar 1866. In: Marx-Engels-Gesamtausgabe digital, hg. v. der Internationalen Marx-Engels-Stiftung. Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, Berlin. URL: https://megadigital.bbaw.de/M0000008. Abgerufen am 09.09.2026.