<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xml:id="M4140355">
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      <fileDesc>
         <titleStmt>
            <title>
               <idno>27</idno>Paul Lafargue an Karl Marx in London. Paris, nach Mittwoch, 9.
                    Februar 1870</title>
         </titleStmt><editionStmt><p/></editionStmt>
         
         <publicationStmt><publisher><ref target="https://www.bbaw.de">Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften</ref></publisher><pubPlace ref="https://www.geonames.org/2950159">Berlin</pubPlace><availability><licence target="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/">Creative Commons Attribution-ShareAlike 4.0 International (CC BY-SA 4.0)</licence></availability><idno type="URLWeb">https://megadigital.bbaw.de/</idno><idno type="URLXML">https://megadigital.bbaw.de/.xml</idno></publicationStmt>
         <sourceDesc>
            <msDesc rend="manuscript">
               <msIdentifier>
                  <institution>RGASPI</institution>
                  <idno>
                     <idno type="shelfmark">f. 1 op. 5 d. 2084</idno>
                  </idno>
               </msIdentifier>
               <physDesc>
                  <p>Soweit aus der Fotokopie zu ersehen ist, besteht der Brief aus einem
                            Bogen weißem, vergilbtem Papier. Lafargue hat alle vier Seiten
                            vollständig beschrieben. Schreibmaterial: schwarze Tinte.</p>
                  <p/>
               </physDesc>
            </msDesc>
            <listWit>
               <witness>
                  <bibl type="print" corresp="https://megadigital.bbaw.de/XU3KENSC">Erstveröffentlichung: in
                            russischer Übersetzung: Переписка Карла Маркса, Фридриха Энгельса и
                            членов семьи Маркса (1983). S. 450–452</bibl>. </witness>
               <witness>
                  <bibl>In der Sprache des Originals wird der Brief hier erstmals
                            veröffentlicht.</bibl>
               </witness>
            </listWit>
         </sourceDesc>
      </fileDesc>
      <profileDesc><textClass><keywords><term>letter</term></keywords></textClass>
         <correspDesc>
            <correspAction type="sent">
               <persName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0007810 http://d-nb.info/gnd/118568671">Paul Lafargue</persName>
               <placeName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0001619 http://www.geonames.org/2988507">Paris</placeName>
               <date when="1870-02-10" cert="low"/>
            </correspAction>
            <correspAction type="received">
               <persName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0001374 http://d-nb.info/gnd/118578537">Karl Marx</persName>
               <placeName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0004412 http://www.geonames.org/2643743">London</placeName>
            </correspAction>
            <note>Datierung in der Erstveröffentlichung: Später als 9. Februar 1870.</note>
            <note>Zur Datierung: Die Datierung folgt der in der Erstveröffentlichung.</note>
         </correspDesc>
         <textClass>
            <keywords>
               <term key="M0002227">Privates - Marx (Familie, Gesundheit, Finanzen)</term>
               <term key="M0004068">Frankreich</term>
            </keywords>
         </textClass>
      </profileDesc>
      
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   <text><body>
         <div type="writingAct">
            <opener>
               <salute sameAs="MBAnrede">
                  <pb/> Mon cher M. Marx,</salute>
            </opener>
            <p sameAs="MBTextohneEinzug">On nous a annoncé votre grande maladie cérébrale
                    compliquée d’inflammation de glandes lymphatiques axillaires; mais heureusement
                    que votre folie, doit être aujourd’hui en grande partie diminuée, aujourd’hui
                    que vous êtes parvenu à empoigner l’objet de vos desirs, c’est-a-dire de pouvoir
                    lire la langue de vos bien-aimés Russes. <persName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0007809 http://d-nb.info/gnd/118725904">Laura</persName> et moi nous nous sommes ingéniés pour trouver quelque
                    chose qui pourrait vous détourner de votre manie furieuse; et nous n’avons
                    trouvé que les journaux; ainsi vous avez du recevoir un joli paquet, que d’après
                    ce que nous a dit <persName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0008235  http://d-nb.info/gnd/118728997">Jenny</persName> a fait le tour du
                    monde, du moins de votre monde; c’est à dire
                    les
                    Lormiers et Engels. Nous
                    savions aussi combien les habitants de Modena et vous en particulier aiment les
                    cancans; mais malheureusement nous n’avions rien à leur raconter; car Laura et
                    moi nous vivons un peu en
                    solitaire,
                    sauf une ou deux excursions que j’ai faite hors de notre trou ou nous nous
                    plaisons tant. La première excursion le bal de Levrault vous a été narrée par
                    Laura, ainsi n’en parlons plus, la seconde grande excursion est chez <ref xml:id="f3edf9b7-b953-4b41-adf9-b7b9531b41fb" corresp="#d09db057-4da8-4f67-9db0-574da8df67d8" type="editorialNote">le grand Docteur Diafoirius</ref><note xml:id="d09db057-4da8-4f67-9db0-574da8df67d8" corresp="#f3edf9b7-b953-4b41-adf9-b7b9531b41fb" type="editorial">Anspielung auf die Gestalt des Arztes Monsieur
                                <persName ref="https://megadigital.bbaw.de/M1635044">Diafoirus</persName> in <persName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0011623 https://d-nb.info/gnd/11858331X">Molières</persName> Komödie „<bibl type="primary" corresp="https://megadigital.bbaw.de/LZTLRJ8D">Le Malade
                                imaginaire</bibl>“.</note>; (Laura nomme ainsi <persName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0008414 http://d-nb.info/gnd/141349905">Moylin</persName>, parceque le cher homme est sujet à de
                    chroniques diarrhées, ce qui le gêne beaucoup comme vous devez le supposer,
                    d’ailleurs, sie vous avez des doutes sur les inconvenients des <hi rendition="#u">trains expressés,</hi> demandez en des nouvelles <pb/> à
                        <persName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0008236 http://d-nb.info/gnd/118578510">M<hi rendition="#sup">me</hi> Marx</persName>, qui
                    sait quoi penser sur ce sujet interessant.).</p>
            <p sameAs="MBTextmitEinzug">
               <persName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0008414 http://d-nb.info/gnd/141349905">Le docteur</persName>, comme
                    vous devez le supposer par ses professions de foi socialistes et rigolos; songe
                    constamment à se créer un parti, dont il sera le porte plumet, même je crois
                    qu’il a commandé son habit de général avant d’avoir son armée; des faits pareils
                    arrivent souvent. Pendant un moment il a suivi avec une ardeur fievreuse les
                    réunions publiques; le general voulait y recruter son armée, il parlait à
                    Pierre et
                    Jacques, leur disait des douceurs, leur faisait de m’amours,
                    les invitait à venir chez lui pour prendre connaissance de ses grands plans de
                    reforme sociale, que son gigantesque et puissant cervaux étaient seuls capables
                    de concevoir. Quand un homme loge dans la Rue de Rivoli, (une de plus belles
                    rues de Paris) et paie un loger de 10,000 f. il est sur d’avoir des visiteurs,
                    voir même de amis, s’il pousse la complaisance jusqu’à leurs offrir une tournée
                    de n’importe quoi: aussi le général <persName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0008414 http://d-nb.info/gnd/141349905">Moylin</persName>, eut donc de visiteurs; même chez lui
                    à l’époque des elections on tint des conciliabules pour discuter un programme
                    socialiste. Moylin a une tres petite opinion des autres, mais en revanche une
                    tres grande de lui-même; comme dans ses réunions se trouvaient principalement
                    les hommes un peu connus du mouvement, tous un peu plus ou peu moins généraux
                    que Moylin; vous comprenez bien que tous ces gens avaient aussi leurs plans de
                    réforme sociale dans leur poche. De là entrechoquements, discussions, le général
                    Moylin, n’admet pas qu’on le discute; on se sépara un peu moins amis que
                    lorsqu’on était venu. Moylin de les traiter d’imbeciles et d’idiots, <pb/> il
                    est a penser que les autres en firent de même. Moilin un moment desespéré et
                    retenu à la maison par ses diarrhéees continuelles suspendit son recrutement qui
                    avait eu un si beau résultat. Mais quand il eut trouvé son bouchon et quand il
                    eut bien bouché son ouverture par ou s’ecoulait sa force et sa conviction dans
                    la bonté et l’intelligence humaine, il reprit son
                    œuvre:
                    il avait voulu d’abord avoir un état-major de gens intelligents; mais ce coup-ci
                    il ne songea plus qu’a avoir des soldats, dont il consentait a être le général
                    et le état-major. La il se heurta contre beaucoup de difficultés, car beaucoup
                    de généraux ont recruté deja leur petite troupe. Cependant il parvint à force de
                    travail à grouper une trentaine d’individus; à qui il seringué ses opinions dans
                    la tête, ces malheureux ne sont plus que des perroquets; cependant plusieurs
                    d’entre eux éblouis par le titre de docteur, que le général fait sonner bien
                    haut et par ses immenses talents qu’il vante à tout propos, ont conservé
                    quelques atomes d’intélligence et seraient capables de laisser leur général
                        <hi rendition="#u">in the lurch</hi> au moment decisif. Lundi
                    dernier j’ai assisté à une de ces conciliabules; qui se tiennent dans la maison
                    de l’illustre docteur. D’abord comme maitre de maison et comme général il
                    s’adjuge la présidence; lui seul est assis dans un fauteuil qui se trouve sur
                    estrade haute d’un pied; près de lui se trouve une immense sonnette en cuivre,
                    qu’il agite à tout moment quand il parle pour reclamer le silence le plus
                    absolu: heureusement nous sommes en hiver; car s’il y avait des mouches il leur
                    defendrait de voler, parceque le bruit de leurs ailes ne te troublent pas dans
                    l’enonciation de <pb/> ses profondes pensées. Je dois vous dire qu’il parle
                    toujours. Il voudrait maintenant faire donner par son groupe de conferences vers
                    son programme: mais comme il sait que son groupe ne brille pas beaucoup par
                    l’intelligence; il voudrait avoir
                    q.q.
                    autres; par conséquent dans son conciliabule, on devait discuter son programme.
                    Discuter, entendons-nous; voici ce qu’il appelle discuter. Il lit son programme,
                    le developpe, puis, dit voulez-vous l’adopter, oui ou non; des qu’on veut
                    s’etendre au delà d’un oui ou d’un non, il pretend que c’est perdre du temps;
                    que rien n’est plus facile que de critiquer, que c’est produire qui est quelque
                    chose, que son programme, est un produit que nulle critique ne peut
                    renverser
                    et patati, patata; tout le monde l’écoute et est abruti, moi
                    tout le premier, tant d’aplomb, me renverse. Cependant j’ai fait quelques
                    objections bien modestes, il m’enleve la parole et la donne à un autre, ce que
                    voyant je reclame energiquement la parole, et force les gens à m’ecouter; le
                    branle était donné, plusieurs me suivent, on critique tant et tant qu’il dut
                    effacer plusieurs de ses articles de constitution, que dans la prochaine séance,
                    nous devons remplacer par d’autres. — <persName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0008414 http://d-nb.info/gnd/141349905">Moylin</persName> a été assez froid avec moi à
                    la sortie, car il comprends que si je continue ainsi, je n’en vais porter
                    l’esprit de révolte dans son armée; et comme à
                    Bonaparte,
                    ça ne lui convient pas du tout.</p>
            <p sameAs="MBTextmitEinzug">Assez de
                    cancans; — Je vous conseille de prendre quelques douches d’eau froide
                    contre votre folie.</p>
            <closer sameAs="MBUnterschrift">
               <salute>Amitiés à tous. — Je vous serre la main</salute>
               <signed>P Lafargue</signed>
            </closer>
            <postscript>
               <p>
                  <bibl type="periodika" corresp="">La <hi rendition="#u">Marseillaise</hi>
                  </bibl> excepté au moment de <ref xml:id="cca5126c-1f4f-433b-a512-6c1f4f133b37" corresp="#f56fef3e-7fcf-4dcf-afef-3e7fcf5dcfce" type="editorialNote">la mort de <persName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0003902 https://d-nb.info/gnd/143732692">Noir</persName>
                     </ref><note xml:id="f56fef3e-7fcf-4dcf-afef-3e7fcf5dcfce" corresp="#cca5126c-1f4f-433b-a512-6c1f4f133b37" type="editorial">
                        <persName ref="https://megadigital.bbaw.de/M0003902 https://d-nb.info/gnd/143732692">Victor Noir </persName>starb am 11. Januar
                                1870.</note> se vend 0,15<hi rendition="#sup">c</hi>
                        parcequ’elle était saisie, si à Londres, on la vend un shilling, on vous
                        vole, <expan resp="editor" sameAs="dottet_underline">com<ex>me</ex>
                  </expan>
                        dans un bois. </p>
            </postscript>
         </div>
      </body></text>
</TEI>